Le harcellement moral au travail...

Le harcellement moral au travail...
Qu'est-ce que c'est ? Es-ce une pratique courante ? Pourquoi les victimes de ces abus ne réagissent jamais ?

Le harcellement moral c'est une série de comportements venant d'un supérieur hiérarchique (la plupart du temps) qui visent à vous détruire psychologiquement. Le but est que vous perdiez toute estime de vous et de permettre ainsi au vilain d'asseoir sa domination sur vous.
C'est une pratique bien plus courante qu'on ne le pense et la plupart des gens qui le pratiquent sont intouchables car intelligents et prudents. Ils ne vont pas préparer d'attaques grossières à votre encontre, mais une séries de petites attaques quotidiennes visant à entretenir une image négative de vous.
L'idée c'est : Vous êtes nulle ma pauvre fille, heureusement que vos collègues sont là pour rattraper vos bourdes...
Le problème c'est qu'au bout de quelques temps, vous êtes persuadée que votre chef à raison et que vous êtes effectivement une pauvre cloche... Dépression mon amie, viens me serrer dans tes bras...

Les victimes ne réagissent jamais (ou presque jamais) parce que les attaques sont subtiles et si elles font mal, elles sont facilement contestables. Si vous vous plaignez de quelques remarques désagréables, on vous dira avec un sourire compatissant que vous avez mal interprété et que cette "petite pique" était caractéristique de l'humour décalé de votre chef adoré... Si vous revenez vous plaindre encore une fois, on va vous tenir un discours sur l'esprit d'équipe et la tolérance, en précisant que ce n'est pas très sympa d'accuser ses collègues... C'est vrai quoi, c'est pas bon pour l'ambiance de la boite...

Comment ça commence le harcellement moral ? ça commence doucement, on ne le voit pas venir.

Voici un texte que j'ai écrit, il illustre bien le sujet je pense. N'hésitez pas à laisser vos réactions à la suite de cet article. Merci beaucoup.


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- Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Je vous l'ai pourtant déjà dit Cécile !
Mademoiselle Caftan venait de faire son entrée. Chignon serré, petites lunettes carrées et tailleur gris impeccable, elle ne faisait pas son âge. A peine 25 ans et déjà plus de sarcasmes à son actif qu'un professeur retraité. Mademoiselle Caftan était redoutée parmi les hôtesses d'accueil de l'hôtel « Le Lys ». Cécile était la nouvelle recrue et sous sa baguette elle avait subi assez d'humiliations pour s'assurer du degrés de frustration de sa patronne. Cécile leva les yeux au ciel, dans une prière muette:
« Seigneur, vous qui êtes si généreux et magnanime, ayez pitié de nous, faites que Caftan se fasse enfin troncher... »
Elle entendait les escarpins caqueter derrière elle de plus en plus fort, une main french-manucurée propulsée par un coude nerveux saisit un stylo qui traînait sur le comptoir.
-Ne voyez-vous pas, Cécile, le spectacle morbide de ce stylo gisant sur le flanc...
Elle agita l'objet devant les yeux de Cécile qui louchaient presque, de peur que la mine ne lui traverse la cornée.
La demoiselle s'accroupit, parfaitement rigide, jambes serrées et dos droit. Entre la pulpe charnue de son pouce et de son index, elle saisit le capuchon du dit stylo comme s'il s'était agi d'une crotte de nez et se releva en poursuivant :
-...offrant à la vue des clients ses entrailles ? Séchant sous l'éclairage ? Comme le cadavre oublié d'une lettre envoyée ? Quelle histoire raconte-t-il ce stylo Cécile ?
Cécile pensait que cette fois, Caftan avait vraiment pété les plombs, elle répondit :
-Je ne sais pas madame.
-Mademoiselle, Cécile. Mademoiselle... Ce stylo ne raconte qu'une chose, s'il est étalé sur la surface brillante de ce meuble c'est que quelqu'un s'en est servi... Or, le client doit avoir l'impression qu'il est le seul à jouir du mobilier, des employés et également... des stylos !
Cécile avait envie de soupirer, les clients ne devraient pas être les seuls à avoir le droit de jouir... mais ce n'était pas le moment. Caftan leva les mains comme on le ferait pour applaudir, sauf que ses poings étaient serrés autour du stylo d'un côté et du capuchon de l'autre. Soudain, elle joignit ses poings d'un geste précis, puis se pencha par-dessus l'épaule de Cécile et introduisit délicatement le bic dans le pot à crayon qui ornait le comptoir laqué.
- Ce n'est peut-être pas le cas chez vous Cécile, mais dans cet établissement il y a effectivement une place pour chaque chose voyez-vous... Et c'est votre travail de veiller à ce qu'elles y restent. Comprenez-vous cela ?
Cécile tremblait de colère, elle prit quelques secondes pour répondre, histoire de retenir les mots qui faisaient la ronde dans sa tête « vas-te faire BIIIIIIIIIP » :
- Oui madame.
- Mademoiselle. Êtes-vous sûre de comprendre ?
- Oui mademoiselle.
- Je ne suis pas convaincue...
Les talons de Mademoiselle Caftan résonnaient encore dans le hall lorsque le poing de Cécile s'écrasa de toutes ses forces sur le sous-main de cuir dans un bruit mat. Les yeux bleus clairs de la jeune fille se remplirent de larmes lorsqu'elle souffla sur son poing endolori. Il faudrait sans doute le passer sous l'eau froide pour éviter qu'il n'enfle.

(Merci de m'avoir lu jusqu'au bout. N'hésitez pas à témoigner dans les commentaires, à laisser vos réactions sur le sujet ou vos impressions sur mon texte.)
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# Enviado el jueves 22 de octubre de 2009 23:29

Modificado el viernes 23 de octubre de 2009 00:05